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12/05/2008 L’éolienne gagne à être côtoyée
LES ACTUALITÉS, lundi, 12 mai 2008, p. a1
Sondage
L’éolienne gagne à être côtoyée
Francoeur, Louis-Gilles
Le fait de vivre à proximité d’eun parc d’éoliennes augmente l’acceptabilité envers cette forme d’énergie verte au lieu de la réduire.
En effet, selon un sondage inédit obtenu par Le Devoir auprès de la firme Multi Reso - qui l’a réalisé l’automne dernier auprès de 1000 Québécois, dont 500 vivant à moins de 10 kilomètres de parcs éoliens du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie -, le taux de satisfaction à l’endroit des grandes machines filiformes augmente avec le temps et le contact visuel.
Parmi les répondants de ce sondage, 83 % étaient favorables aux éoliennes avant leur installation. Un an plus tard, 86 % des répondants se disent satisfaits du fonctionnement du parc d’éoliennes construit dans leur milieu.
Ce sondage n’a été commandé ni par Hydro-Québec ni par des promoteurs, a expliqué au Devoir une de ses auteurs, Caroline Léger. Le sondage, auquel a aussi participé son collègue Daniel Lemieux, a été réalisé par cette firme de consultants spécialisée en énergie afin de démontrer à d’éventuels clients leur capacité d’analyse, a précisé Mme Léger.
Devant l’intérêt suscité ces derniers jours par la divulgation des résultats de l’appel de propositions pour 2000 MW d’énergie éolienne, Multi Reso s’est rendu compte que les données de son sondage pouvaient jeter un éclairage important dans le débat public sur cette filière. On savait par un sondage réalisé il y a quelques années que les touristes appréciaient massivement la vue des élégantes machines blanches dans les paysages gaspésiens. Mais on n’eavait pas encore déterminé scientifiquement ce qu’een pense la population du Québec, et en particulier les gens qui vivent à proximité des éoliennes.
Ce sondage, dont la marge d’erreur est de 4,4 % 19 fois sur 20, en arrive à la conclusion que «les citoyens qui vivent près des parcs éoliens ne condamnent pas les nouveaux moulins à vent qui sont apparus dans leur paysage. À la lumière des réponses des 500 résidants interrogés, l’insatisfaction et la grogne qu’on a pu entendre depuis un an ou deux - et qui sont probablement les mêmes dans d’eautres pays industrialisés - serait l’affaire d’eune minorité, et parfois amplifiées par les médias. Malgré tout, consulter, écouter, s’adapter aux communautés paraissent nécessaires pour tous les acteurs qui travaillent au développement de cette industrie», lit-on dans le résumé de l’étude qui parle même d’une «petite minorité».
Fait particulièrement intéressant: des 500 personnes vivant à moins de 10 km d’eun parc, 44 % ont en effet précisé qu’elles voyaient des éoliennes de l’extérieur de leur résidence.
Les sondeurs de Multi Reso avaient préalablement obtenu de Québec la liste des villes où l’on trouve déjà des parcs construits, ce qui leur a permis d’élaborer un échantillon stratifié.
Si la satisfaction à l’endroit des parcs est passée de 83 à 86 % un an après leur construction, il y a eu néanmoins des changements d’opinion dans la population locale. En effet, on assiste à un déplacement de 4 % des personnes favorables vers le côté défavorable. Mais 7 % de ceux qui étaient défavorables au départ deviennent, après expérience, «favorables» à la présence des parcs. En somme, une expérience directe favorise l’eacceptabilité tout comme elle semble réduire les appréhensions initiales.
Après avoir vécu un an devant de véritables éoliennes, près d’une personne sur deux (44 %) se dit même «très» favorable au parc éolien de la région alors que seulement une personne sur 10 (11 %) se dit contre.
Quelque 73 % des répondants locaux estiment que la production éolienne a des retombées économiques assez importantes chez eux, que l’installation d’eun parc ne nuit pas au tourisme (74 %) et que vivre près d’eun parc ne présente pas de risques pour la santé (72 %).
Les trois quarts des répondants se sont aussi déclarés satisfaits de l’information fournie par les promoteurs et 36 % s’een disent même «très» satisfaits. Mais par contre, les sondeurs ont noté des variations importantes d’une entreprise à l’autre, ce qui indique que «certains promoteurs ont donc mieux fait les choses que d’eautres». Cependant, si 70 % croient que les promoteurs ont bien présenté et expliqué leur projet et que 67 % disent qu’eils ont été à l’écoute des citoyens, les personnes mécontentes de l’exercice constituent un bloc non négligeable, soit une personne sur cinq (20 %).
Le public en général
Selon le sondage, quatre Québécois sur cinq (83 %) pensent que le gouvernement a bien fait de miser sur l’éolien à la fois pour des raisons environnementales et économiques. Par contre, la majorité des gens qui vivent près des éoliennes estiment à 83 % que le développement de cette filière devrait être mieux encadré.
Neuf Québécois sur dix estiment d’autre part que le Québec devrait développer une expertise en éolien comme il l’ea fait pour l’hydroélectricité, même si la plupart estiment que cette filière ne pourra combler à elle seule les besoins énergétiques. Ce qui est étonnant, c’eest que les gens des régions d’accueil des parcs éoliens pensent à 73 % que les retombées sont importantes, alors que la moyenne provinciale porte le même jugement dans une proportion inférieure, soit 59 %.
Même décalage entre les régions éloignées qui estiment à 68 % que le développement de la filière éolienne est préférable à celui de l’hydroélectricité comparativement à 54 % seulement à l’eéchelle provinciale.
Par contre, une personne sur deux seulement estime que l’on devrait développer l’éolien à des fins d’exportation, mais la vaste majorité des répondants affirment en régions (74 %) que les parcs d’éoliennes ne nuisent pas au tourisme et ne nuisent pas à la santé (72 %).
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